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  • Diagnostic des syncopes : l'apport de l'enregistrement cardiaque en continu

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    La syncope, définie comme une perte de connaissance à début rapide, de durée brève et spontanément résolutive, est relativement fréquente. Face à ce symptôme, le principal problème est de pouvoir en identifier l'origine afin de proposer un traitement efficace. Les réponses du Dr Claude Kouakam, cardiologue à l'hôpital cardiologique du CHRU de Lille.

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    Quelle est la fréquence des syncopes en France ?

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    Dr Claude Kouakam : La syncope est un problème médical très fréquent qui concerne de nombreuses personnes en France. Environ 2 % des patients admis aux urgences viennent pour ce motif. En 2006, les admissions pour syncope ont occasionné plus de 190 000 séjours hospitaliers (34 100 d'une durée moyenne de 3,5 à 8 jours et 156 155 de moins de 2 jours). Ce symptôme est l'un des 10 diagnostics les plus fréquents lors d'un “passage“ dans les services d'urgence. Dans la population générale française, nous ne disposons pas d'étude épidémiologique. Par contre dans les pays anglo-saxons, les études montrent que le taux de prévalence dans la population générale est d'environ 3,5 % ; il peut atteindre 37 % chez les jeunes gens et 23 % chez les personnes âgées. De plus, les taux de récidives sont importants. Il n'y a pas de raison que ces chiffres soient différents en France.

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    Quelles sont les principales causes de ces syncopes ?

    Dr Claude Kouakam : Il y a quatre causes principales. Par ordre de fréquence, il y a d'abord la syncope vagale très fréquente chez les jeunes. Deuxième cause, l'hypotension orthostatique plus fréquente chez les personnes âgées, d'autant que nombreux médicaments sont souvent co-prescrits. Ensuite viennent les causes cardiaques, en particulier la bradycardie [ralentissement de la fréquence de battements du coeur], la tachycardie [accélération du rythme cardiaque] et l'obstruction [empêchement de l'éjection du sang par le coeur]. Enfin, il peut s'agir d'une cause neurologique, plus rare.

    Quelles sont les conséquences des syncopes sur la qualité de vie ?

    Dr Claude Kouakam : Elles sont très importantes. Très souvent, les syncopes provoquent des chutes, avec un risque de traumatisme. En conséquence, les personnes sont terrorisées à l'idée de sortir. Les syncopes peuvent également provoquer des accidents : elles seraient par exemple responsables de 3 à 5 % des accidents de la voie publique selon certaines données épidémiologiques nord-américaines. Les syncopes sont aussi à l'origine d'arrêts de travail, de détresse psychologique et d'une altération de la qualité de vie. Il en résulte des conséquences médico-économiques importantes. Aux Etats-Unis à titre d'exemple, les coûts sociaux engendrés sont considérables. Les coûts de santé annuels des admissions pour syncope ont été évalués à 2,4 milliards de dollars, soit un coût moyen de 5 400 dollars par personne hospitalisée et le coût des tests reliés à une syncope non diagnostiquée peut atteindre 16 000 dollars.

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    Comment se passe la démarche diagnostique en cas de syncope ?

    Dr Claude Kouakam : La clef de la prise en charge initiale, c'est un bon interrogatoire et un bon examen clinique. Cela permet d'établir la moitié des diagnostics. Si cela ne suffit pas, il faut pratiquer un ECG [électrocardiogramme]. S'il est normal, on pense en général à une syncope vagale ou à une hypotension orthostatique, en fonction du contexte. En cas d'anomalie à l'ECG ou de doute sur une origine cardiaque de la syncope, par exemple en cas de facteurs de risque associés, on pratique d'autres examens cardiologiques.

    Quel est l'intérêt du Reveal® développé par la société Medtronic?

    Dr Claude Kouakam : Ce moniteur électrocardiographique implantable est très intéressant. Il s'agit d'un petit boîtier de quelques centimètres qui s'insère sous la peau, au niveau du thorax et qui va enregistrer en boucle l'ECG du patient pendant 3 ans ! Si le patient présente une syncope, il doit ensuite consulter son cardiologue, qui va pouvoir avoir accès à l'ECG et donc diagnostiquer et traiter rapidement le trouble du rythme éventuel. De plus, le Reveal® de nouvelle génération est compatible avec le télésuivi : le patient dispose d'un boitier de transmission des données qui permet au médecin de les consulter sur son ordinateur pour effectuer le diagnostic à distance, sans voir physiquement le patient. En cas d'anomalie évidente (tachycardie ou bradycardie), il peut alors demander au patient de se rendre aux urgences pour un traitement. Le Reveal® est donc surtout utile dans le groupe de patients chez qui on suspecte une origine cardiaque, soit parce qu'un problème a été constaté au départ - ECG anormal, survenue à l'effort, souffle cardiaque à l'auscultation - mais sans qu'on puisse pour autant prouver que celui-ci est responsable des syncopes, soit parce le patient présente des facteurs de risque cardiovasculaires ou qu'il a des antécédents familiaux suspects et que les examens diagnostiques conventionnels ont échoué. Propos recueillis par le Dr Jean-Philippe Rivière, le 15 décembre 2009

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